La rénovation thermique, véritable cheval de bataille
Economies
d’énergie et réduction des gaz à effet de serre sont une préoccupation
grandissante, tant sur le plan économique que politique, et de plus en plus
dans notre quotidien. On commence à fournir des efforts en matière de pollution
automobile, notamment. Mais l’un des plus grands chantiers dans ce domaine
reste la rénovation thermique. Rien qu’en France, on dénombre
pas moins de 30 millions de logements existants, pour seulement 400 000
habitations neuves construites par an, soit un taux de renouvellement de 1,5%
par an. Le parc existant, relativement dégradé, comporte une grande majorité
« d’épaves thermiques » selon le jargon
professionnel. Ces habitats mal isolés sont un véritable gouffre financier pour
leurs résidents. L’isolation défaillante laisse échapper la chaleur en hiver et
demande donc aux systèmes de chauffage de consommer deux fois plus pour
conserver une température acceptable à l’intérieur.
Qui agit aujourd’hui pour contribuer à une véritable amélioration ? L’Etat
travaille en ce sens. Le Grenelle de I‘environnement en 2007 a
insisté sur l’importance de la rénovation thermique et a fixé
des objectifs ambitieux pour les réglementations thermiques 2012 et 2020. Mais
ceux qui font véritablement avancer le bâtiment vers un habitat existant plus
économique, mieux isolé et sain, sont sans aucun doute les
expérimentateurs. Des groupements d’architectes, d’ingénieurs
thermiciens, d’industriels qui ont senti depuis longtemps déjà l’importance
d’un tel marché. Longtemps domaine réservé des constructions neuves, des labels
comme Minergie, BBC Effinergie ou Passiv Haus s’appliquent
désormais à l’existant. Le projet Adélie mené par les
architectes du
Groupe Architecteurs, s’est intéressé plus particulièrement à la
rénovation thermique. Les avancées réalisées sont le résultat de nombreux
chantiers test, d’études, de l’utilisation de nouveaux matériaux, de nouvelles
technologies respectueuses de l’environnement.
La question aujourd’hui est celle de l’interlocuteur. Le
propriétaire d’une habitation mal isolée va être confronté à une
multitude : chauffagiste, poseur de panneaux solaires, électricien,
architecte… Personne ne coordonne vraiment la rénovation thermique, faute de
véritable savoir-faire. Du coup, le propriétaire se retrouve avec une
rénovation faite de bric et de broc sans vision globale et cohérente de tout le
bâtiment. C’est pour pallier à ce manque que la Fondation Bâtiment
Energie a retenu le projet Adélie porté par les
Architecteurs après un appel à projet, ou qu’un groupe comme
l’ACLAEE (Association des Constructeurs pour l’Amélioration de
l’Etiquette Energie) s’est formé. Un nouveau métier du bâtiment est en train de
naître progressivement : l’améliorateur de l’habitat. Il
faudra du temps pour que cette forme d’exercice professionnel se répande, mais
elle est déjà présente chez les architectes et chez certains
constructeurs.
Il faut surtout retenir que rénover thermiquement sa maison ne se limite pas à
poser du double vitrage ou à changer de type de chauffage. C’est d’abord
soigner l’enveloppe et engager une démarche globale pour que
votre habitat tout entier vous permette de réaliser des économies d’énergie et
donc d’argent, mais surtout pour y vivre mieux.
Frank M.
Publié le jeudi 4 février 2010 par le Webmaster, pour l'auteur